Un vieux proverbe portugais disait : "Lisbonne s'amuse, Coimbra chante, Braga prie et Porto travaille". Nous avions choisi de commencer notre voyage par Porto, admirez le courage !

Nous avions pris l'autobus de nuit, les six filles, et fûmes larguées dans une rue vide et obscure de Porto à six heures du matin avec le reste des passagers. Luisa rencontra un ami de son université, qui nous invita à un apéro le soir-même, chez les amis chez qui il logeait à Porto. Ensuite, puisque nous étions paumées au milieu de nulle part, nous prîmes un taxi jusqu'à l'hostal. Ce fût notre seconde erreur, après le voyage de nuit qui fut exécrable. En effet, au Portugal, les taximen roulent comme des frappés, surtout la nuit quand les rues sont vides ! Quelques instants plus tard, nous nous précipitions hors du taxi, qui repartit en trombe. Nous réveillâmes la pauvre dame de l'hostal, et par chance nos chambres étaient déjà libres, nous pûment donc enfin dormir après cette nuit pratiquement blanche.
Hé oui, ça démarre toujours un peu n'importe comment ce genre de voyage !







Des angles pointus et graciles d'une adolescente maigrelette aux courbes de femme enceinte, du teint simple et naturel aux agréments les plus fantaisistes, mes couleurs et formes varient infiniment selon le goût et l'humeur. On m'oublie souvent, dans les grands flonflons des fanfares, dans les orchestres tonitruants de tubes et d'archets où je me sens muette. Cependant, je peux vous surprendre bien plus que vous ne le pensez. Sous des apparences timides et calmes, j'ai tout de même plus d'une corde à mon arc. Précises et émouvantes sont mes aiguës, chaleureuses et profondes sont mes basses. Peut-être mon atout serait-il ma grande sensibilité: nul souffle, nul effleurement ne m'échappe, je frémis à la plus légère harmonique, au plus doux des vibratos, et je les répercute à l'infini. Permettez-moi de vous dévoiler aujourd'hui le mystère d'un tempérament riche et nuancé...

Tout aussi brutalement, sans raison, je finis par m'arrêter. Le souffle court, les jambes douloureuses, je me remets à marcher, lentement. Longuement. Les minutes passent ainsi et mon cerveau se vide. Je ne sais pas où je vais. Peu importe. Mes pieds avancent, lentement. Je ne sais plus qui je suis. Je suis vide. La colère m'a quitté, me voilà comme anesthésiée. Les rues défilent, le temps passe. Il n'y a plus rien en moi. Le néant. Un corps engourdi déambule dans la nuit, livré à lui-même.
Les Tuniques Bleues... J'en vois déjà sourire, mais je ne peux pas manquer de parler de ce chef-d'oeuvre de la bande dessinée!
Voilà bientôt 40 ans que les aventures de Blutch et Chesterfield naquirent sous la plume de Salvérius et Cauvin. Et une bonne dizaine d'années que je lis et relis mes vieux albums tout cornés, avec le même plaisir...