Nuit blanche mémorable
Par kristina le dimanche, avril 22 2007, 17:07 - Lien permanent
5h45. Un réveil sonne dans une chambre en-dessous. Déjà ? Je repousse ma chaise et m'étire péniblement. Je ne peux plus voir cet écran, ma vue se brouille. Marie ne réagit plus sur le chat, elle a dû s'endormir sur son clavier. Je décide de faire une pause et de descendre déjeuner avec ma mère, ça me tirera peut-être de mon semi-coma. Mes doigts glacés et engourdis répondent à peine, plus la peine d'essayer de continuer à taper. Et la lutte contre le sommeil devient terriblement pénible. "Si je m'endors, je suis fichue pour de bon". Tout en descendant lentement les escaliers, j'essaie de me recomposer un visage humain. Les bruits de la cuisine sont comme autant de décharges électriques pour mon cerveau. Maman, en pleine forme pour sa journée vélo à la mer, avec son jus d'orange et sa bonne mine, me fait penser que je dois avoir le teint d'un extraterrestre. Je m'assieds péniblement, évitant de grimacer de douleur. Mes paupières sont lourdes. Au secours, je vais sombrer...
Un quart d'heure plus tard, me voilà de nouveau deux étages plus haut face à l'écran, emballée dans une couverture avec ce maudit café. Je me sens tout de même un peu mieux. Et c'est reparti. Vers 7h30, Marie émerge, elle s'était bel et bien assoupie devant son ordi. Dans une heure, mon cours de grammaire espagnole commence... Non. Je ne pourrai pas. C'est au-delà de mes forces, et il faut que je termine ! Après cinq secondes d'hésitation, toute ma matinée de cours se voit allègrement sacrifiée au profit de ce travail absurde.
9h30. Je me mets à halluciner. Qu'est-ce que Lionel fait dans le "Don Quichotte", avec la mule de Sancho Panza? Hum... j'ai dû l'effrayer avec ça, il va se coucher. Après tout au Mexique il est 2h30 du matin. QUOI? Au lit, garnement! Est-ce que je me couche si tard moi, mmh?
10h. La communication devient compliquée avec Marie, je ne comprends plus ses questions. "On met "montaigne", dans référence blablabla, ou juste la référence?" "Quoi?? De quoi tu parles?" Sans bouger de ma chaise, je réussis à me cogner partout. Hum. L'heure est grave. Comment faire le compte-rendu d'une monographie de 170 pages sans l'avoir lue? Bah, les journalistes y arrivent bien, pourquoi pas moi après tout...
11h30. La fin approche, je me secoue pour la dernière ligne droite. J'ai bâclé le compte-rendu, oubliant la moitié de l'ouvrage, mais ça ne fait rien, d'après Marie.
12h30. Débat mémorable sur les notes en bas de page, je cite :
- moi : comment tu cites ton extrait ? Tu mets qui comme auteur, Polet ou Cervantès?
- Marie-Hélène: ben Polet :D lol, il est temps d'arrêter Kri
- moi: ben c'est pas Polet qui a écrit mon extrait, c'est Cervantès :P
-Marie-Hélène: heu non, c'est toi j'espère ^^
- moi: L'EXTRAIT
- Marie-Hélène: ha :D
- moi: on se demande qui a la tête le plus dans le cul
- Marie-Hélène: gnagna :p
13h30. Relecture de mon oeuvre. Je me mets à avoir des doutes orthographiques effrayants. Marie débat sur ce qu'il faut mettre dans l'introduction et la conclusion du travail : "Quoi, tu mets "bienvenue" dans ton intro? =) N'oublie pas de mettre "gros bisous" pour Gaëtan a la fin"...
14h30. Mon travail est imprimé et agrafé. J'essaie de manger quelque chose, mais l'opération s'avère plus douloureuse que prévu : chaque mouvement de mâchoire me donne l'impression que mes tempes vont se déchirer, que les veines de mon crâne vont éclater. Tant pis pour mon estomac.
Un quart d'heure plus tard, un zombie descend vers la gare. Pourquoi elle me regarde comme ça, la petite mémé avec son clebs ? J'ai la sensation que si j'accélère le pas, mes os se briseront comme du verre, mes muscles claqueront comme des cordes de guitare. Mes yeux me lâchent peu à peu, je vois flou.
15h30. Je rêve. C'est ce petit tas de feuilles misérable que je viens de déposer dans le casier de l'assistant qui est le responsable de mon état actuel. Je savais qu'il me tuerait. Ce n'était pas loin...
Le zombie se remet en branle et se traîne jusqu'à la place de l'Université, où il commate une demie-heure sur le bord de la fontaine. Toujours pas de Marie-Hélène. Je décide d'aller me coucher et reprends le train pour Ottignies. Une copine assise en face de moi me parle, j'ose à peine la regarder dans les yeux de peur qu'elle ne s'enfuie en hurlant. Arrivée sur le quai, un message de Marie qui me cherche à LLN. Zut, je repars dans l'autre sens. Dans le train, je reçois "reste à Ottignies". Et merde, trop tard. Deux minutes plus tard, me re-voilà à LLN. Sur le quai d'en face, un train bondé pour Ottignies, dans lequel je m'engouffre. Mon gsm vibre, j'ai juste le temps de lire "Rhaaa, bouge plus!", et de bondir hors du train, pile avant que les portes ne claquent. Quel cirque ! Je m'écroule sur le quai, le dos contre un pylône, et ne bouge plus d'un poil durant de longues minutes, complètement anesthésiée. Un train arrive, une marée humaine se déverse autour de moi. Soudain, Marie surgit et me secoue, je sursaute. Ha, quel bonheur de voir un autre zombie que celui du miroir de ma chambre !
Quinze minutes plus tard, nous voilà assises au soleil sur la Grand Place avec un cornet de glace, à converser dans un langage semi-humain, plutôt que d'aller enfin se coucher. Tiens, un message de Sabine : "Il m'a dit que je pouvais le rendre lundi! Je le trouve adorable tout d'un coup!" RHA ! Étrange, mais moi pas. J'ai plutôt envie de l'assassiner, subitement... De le faire mourir dans d'atroces souffrances en le forçant à avaler tout rond mon travail de critique de l'info... Pfff, même plus envie d'aller dormir !
Commentaires
Spéciale dédicace à notre cher assistant Gaëtan...
Gniaaaaaaaaaah, dès le titre j'ai eu un flash:
mon écran d'ordinateur qui me brûle les yeux depuis près de 24h, avec en prime un livre de l'avant-guerre dont il faut encore faire un compte-rendu pour en garder la trace (et enlever chez les plus tordus la folle envie de le lire).
C'est génial de faire une note de cette nuit de malade, ça permettra peut-être à un perdu de se retourner dans sa tombe après qu'on l'ait achevé... gniihihi
)
Comme quoi, même à l'unif y a des glandus, et pas que chez les étudiants! (et non raté, cette fois-ci je ne parle pas de nous
En tout cas, le trajet entre LLN et Ottignies, on le connaît par coeur là je crois!! Bien folklorique, on peut dire merci au gsm et à l'abonnement... :p
Tout ça pour dire qu'on en a déjà vécu des belles, et la liste n'est pas finie hein, n'oublie pas
Enfin, on a toute la vie pour faire ce qu'on a prévu (et tant mieux, faudra bien ça).
Sur ce, au pieu cette nuit, on s'lève tôt demain mam'zelle! La vie est une turlutte
PS: Tu sais bien que je serai toujours là pour refléter ta sale gueule ma crotte
hum...
Perso, j'estime avoir contribué à ma façon en choisissant ce moment pour expliquer à Krakra les principes de base d'un moteur de recherche. Je suis sûr qu'elle a tout retenu de mes explications.
Ploum : l'heure était grave, je ne me suis concentrée que sur une chose : finir ce travail ! On reprendra les cours d'informatiques d'ici que je me serai remise de ces émotions
Super la dédicace
Comme tout le monde, ce travail a failli me rendre dingue! J'ai aussi bossé une bonne partie de la nuit, mais je suis moins acharnée que toi et j'ai abandonné pour aller dormir quelques heures quand même... Ce que je n'aurais pas dû faire puisque je n'ai pas eu le temps de finir mon travail (a) Héhé, on ne me changera pas :-P
Heureusement, ce cher Du Gland (comme tu l'appelles si bien) eut une âme assez charitable pour me permettre de rendre ce *** de travail lundi (déso Kri) Ca n'a pas changé grand chose en fait : j'en avais tellement marre que j'ai "légèrement" baclé la fin (après avoir quand même passé mon samedi à la bibliothèque! [respect siouplééé, lol] Et bizarrement, il y avait du monde :-O)
Enfin voilà, le travail est dans la boite et Du Gland dans la liste dès personnes que je ne peux plus voir, même en peinture
Espérons qu'il passe des nuits blanches à corriger nos travaux... (a)[j'deviens méchante là :-p]
Bisouuuus |K|