Délivrée
Par kristina le jeudi, décembre 13 2007, 17:00 - Lien permanent
Dans la rue bondée, les gens se pressent, s'agitent d'un magasin à l'autre. Je me glisse de colonne en colonne, souple et silencieuse, le col de la veste relevé sur les joues. Une douleur lancinante s'accroche à mon estomac. Je sens la menace d'une nouvelle attaque plâner alentours. Ho non, c'est une fille du cours qui arrive en face. Ma trajectoire dévie d'elle-même vers la gauche, innocemment. Pourvu qu'elle ne me voie pas. Qui parle du stress des examens? Ma plus grande terreur, c'est d'entendre soudain dans mon dos cette voix teintée de fausse sympathie prononcer mon prénom, me demander aigrement comment je vais avant de se jeter sur la question cruciale qui est sur toutes les lèvres. Les doigts se tordent, les regards glissent et fuient, le ton est hésitant. C'est tout un art d'attirer la pitié, mine de rien...
Le râle des photocopieuses souffle au loin. Le visage engourdi par le froid, elle observe, tapie dans l'ombre, la danse des rapaces rôdant à proximité des auditoires. Les feuilles de notes, noircies à grandes douleurs de poignet tout au long du quadrimestre, s'arrachent et s'engloutissent en un instant, telles la chair d'un cadavre en proie aux charognards.
Un mince sourire se dessine peu à peu sur ses lèvres gelées. Pas moi. Plus cette année.
Commentaires
Pourvu qu'elle ne me voit pas. > Pourvu qu'elle ne me voie pas.
Je n'aurais jamais osé... mais j'ai vu que tu as soulevé une faute que seules quelques rares personnes auraient décelée sur le site de Ploum ("semblaient s'être donnés rendez-vous" > "s'être donné"...). Je me suis donc convaincu que tu apprécierais des remarques constructives pour améliorer (encore, si peu...) la forme d'un fond bien inspiré...
Bonne continuation, bon jiu-jitsu, bon courage avec les préoccupations académico-administratives, et tutti quanti...
Capi
Pour lui, la copie c'est impossible à comprendre maintenant, et l'école c'est fichu. Il faut se lever tôt pour écrire son journal intime, sa vie en progression grâce aux mutations de la technologie et des mots clé. Par exemple, le mot Kristina se trouvait dans un livre sur le pétrole de son ami Serge Michel. Ce n'est peut-être pas encore un hasard intime.