Elle était étendue sur le banc baigné de soleil. Le petit parc était tranquille à l'heure de la sieste, seuls quelques promeneurs déambulaient dans une atmosphère de paresse délicieuse. Les bribes de conversations lointaines et la douceur de la lumière l'enveloppaient. C'était un de ces moments où la solitude se savoure comme un fruit bien mûr. On évite les rencontres, qui contraignent à parler. Il est tellement bon de se taire parfois! Si souvent la relation aux autres se construit dans la parole, la rencontre avec soi-même au contraire ne peut survenir que dans l'apaisement des voix.
Connais-toi toi même... pensa-t-elle. L'homme est un animal.... Des idées anciennes se mêlaient à l'odeur des buissons, et matérialisaient dans son esprit de nouvelles évidences. Cet après-midi-là, elle se connaissait tel un chat qui se prélasse au soleil sur le muret. Juste un chat, solitaire et bienheureux.